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Le Ministre Nizar Baraka prononce un discours lors du Side Event vers la paix des bassins : «Hydro-diplomatie optimiste et résilience climatique»

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24.03.2022Nizar Baraka, Ministre de l’Equipement et de l’Eau et Président du Réseau International des Organismes de Bassins (RIOB), a prononcé, ce mardi, un discours lors des travaux du Side Event vers la paix des bassins : «Hydro-diplomatie optimiste et résilience climatique», organisée dans le cadre de la 9ème édition du Forum Mondial de l’Eau qui se tient du 21 au 26 mars.
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Dans son intervention, Monsieur Baraka a mis en exergue l’importance des eaux « partagées » dans le monde. Il a rappelé, à cet effet, que 46 % de la surface des continents sont dans des bassins fluviaux et des lacs partagés, que plus de 260 bassins-versants sont partagés entre deux ou plusieurs pays et environ 40 % de la population mondiale vit dans les bassins de rivières ou de lacs partagés entre Etats. En outre, « au niveau mondial, environ 2 milliards de personnes dépendent des eaux souterraines dont 300 aquifères sont transfrontaliers », a-t-il ajouté.

Cependant, « l’accès aux ressources en eau transfrontalière est toujours une source potentielle de conflits entre les pays de l’amont et ceux de l’aval », a relevé Monsieur Baraka, précisant que le continent Africain n’est pas épargné par cet enjeu. Et de citer le cas du fleuve Sénégal, long de 1 800 km et dont le bassin est partagé par la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. «L’hydro-diplomatie a permis la mise en place d’une gestion commune de ce fleuve entre les Etats signataires, et ce mode est souvent cité comme modèle », a-t-il fait observer.

Le Ministre de l’Equipement et de l’Eau a également cité le fleuve Congo, dont le bassin versant d’une étendue de 3 800 000 km² est partagé par dix pays de l’Afrique centrale, ou encore la Volta, fleuve de 1 850 km de long et avec un bassin de 400 000 km2 s’étendant sur six pays de l’Afrique de l’ouest. Par ailleurs, a noté Monsieur Baraka, l’eau souterraine est aussi concernée par ce partage des eaux, à l’image de l’aquifère Nubien, partagé entre 2 pays dans la région.

Selon le Ministre de l’Equipement et de l’Eau, un tel contexte climatique et politique appelle à « une bonne communication par l’établissement d’un mode de gestion adéquat ». « Ainsi, l’Hydro-diplomatie constitue un outil d’anticipation au service de la paix, et ce, à travers la simulation de l’espace inter-pays en un espace hydraulique commun où l’eau constitue un pont de paix, de fraternité et de solidarité », a-t-il expliqué. En effet, cette approche permet de : faciliter l’évaluation et le suivi des ressources en eau entre techniciens ; faciliter l’appréciation du risque du changement climatique et aider à la mise en place d’un plan d’adaptation ; et éviter la militarisation des conflits liés à l’eau notamment par la mise en place de conventions Win-Win.

Enfin, Monsieur Baraka a souligné que le Royaume du Maroc, où les ressources en eau sont quasi-renouvelables et prennent naissance à l’intérieur du pays, avec des échanges aux frontières négligeables, « milite pour une hydro-diplomatie anticipative et partagée pour asseoir une gestion commune de cette denrée rare entre les frères de notre continent Africain », a-t-il souligné, rappelant dans ce sens l’organisation par le Royaume du 1er Forum Mondial de l’Eau en mars 1997 à Marrakech ainsi que l’institution du Grand Prix Mondial Hassan II de l’Eau, remis cette année à l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS).