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Le premier Congrès africain des transports et de la logistique, du 25 au 27 novembre à Rabat

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20.11.2015Rabat, 19 nov 2015 (MAP) - Le premier Congrès africain des transports et de la logistique CATL 2015 se tiendra du 25 au 27 novembre à Rabat (Maroc) dans l’objectif d'améliorer le niveau de vie de la population subsaharienne à court terme et de donner un coup de fouet à la croissance économique et sociale du continent à moyen terme.

Le transport et la logistique constituent des facteurs clefs de développement économique et social, selon un communiqué des organisateurs qui relèvent que l'Afrique possède des infrastructures portuaires, aériennes, ferroviaires et routières sous développées et leur état accuse un retard remarquable en comparaison avec les autres régions du globe.

Le premier CATL 2015 essayera d'apporter quelques éléments de réponse aux différentes problématiques liées à ce sujet, indique un communiqué des organisateurs, ajoutant que l'Afrique n'a plus besoin d'aide, elle a besoin de coopération pour accélérer son développement économique et social entamé il y a une dizaine d'années.

Tenu sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, le premier congrès africain des transports et de la logistique est organisé par le ministère de l'Equipement, du transport et de la logistique en collaboration avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l'Union africaine des transports et de la logistique et la Société nationale des transports et de la logistique.

Placé sous le thème "Pour la création d'écosystèmes logistiques régionaux", cet évènement de grande envergure a pour principaux objectifs le développement des écosystèmes logistiques régionaux, la promotion des modèles économiques et co-développement inter-pays africains en plus de favoriser l'innovation pour une croissance inclusive, souligne le communiqué.

Ce congrès qui évoquera les différentes opportunités offertes par le continent africain dans le secteur des transports et de la logistique a une portée multidimensionnelle. Il fédérera trois évènements majeurs, à savoir:

  • Le symposium africain sur l'intégration régionale et la facilitation du transport routier durant lequel se tiendra l'assemblée générale de l'union africaine des transports et de la logistique et une importante réunion ministérielle sur différentes thématiques d'actualité.
  • Le groupe d'impulsion économique qui verra la signature de plusieurs contrats exécutifs de transport et de logistique ainsi que des contrats d'impulsion économique pour la commission de transport et logistique.
  • Le salon africain de transport et des infrastructures économiques qui regroupera les professionnels à travers une exposition commerciale, un forum de discussion international et des rencontres B to B.

Le congrès connaîtra la participation des ministres africains chargés de l'équipement, des transports et de la logistique, des délégations diplomatiques, des bailleurs de fonds internationaux, des commissions régionales, de trente délégations des membres d'UATL, des fédérations et associations professionnelles ainsi que les experts, exposants et médias nationaux et internationaux.

Cette importante rencontre constituera donc un forum d'échange et de partage des expériences vécues par les uns et les autres relatives aux différents aspects de ces domaines afin d'évaluer la réalité de la situation des transports et de la logistique en Afrique et aboutir à l’élaboration d'une vision pour l'Afrique en 2030. Cette vision devrait apporter quelques solutions aux problématiques majeures que rencontrent les pays subsahariens face aux défis des transports et de la logistique.

L'Afrique connait depuis une décennie une dynamique en croissance économique dépassant les 5% en moyenne par an. Cette croissance soutenue est basée essentiellement sur des éléments structurels tels que les réserves naturelles importantes, l'expansion démographique avec une population jeune et une extension urbaine accélérée. Ces deux derniers éléments sont la cause d’une montée en puissance d'une classe de consommateurs qui expriment de plus en plus une demande croissante et de plus en plus exigeante.

Ce dynamisme a permis de rehausser l'attractivité du continent qui a connu une croissance des investissements étrangers directs de plus de 10% par an entre 2006 et 2010.

Cependant, cette dynamique est freinée par un certain nombre d'handicapes dont notamment l'insuffisance en matière d'infrastructures liées aux transports et à la logistique.

En effet, des études récentes menées par des organismes spécialisés montrent que plusieurs pays subsahariens accusent un retard remarquable en matière des transports et de la logistique, alors que le développement de ces deux secteurs est une priorité absolue pour l'amélioration des conditions de vie des populations africaines à court terme et pour favoriser davantage la croissance économique des pays à moyen terme.

En termes d'infrastructures portuaires, le continent possède un nombre important de ports. Toutefois peu sont de grandes tailles et la majorité d'entre eux sont mal équipés et ont un faible taux de productivité, d'autant plus que leurs capacités ne répondent pas suffisamment à la demande croissante.

Ces ports connaissent également des limites dans le trafic des marchandises. A titre d'exemple, le taux maximum de séjour d'un conteneur en pays subsahariens dépasse deux semaines contre un taux normal de sept jours selon les standards internationaux.

En ce qui concerne le trafic aérien, le taux de transport aérien africain ne représente que 4,5% à l'échelle mondiale. Pire encore, le taux de transport fret ne dépasse pas 1,6%. Ces taux sont jugés trop faibles par rapport à la taille du continent qui abrite 54 pays avec une population de plus de 1 milliard d'habitants. Ils sont le résultat d'un sous équipement des aéroports qui répondent de moins en moins aux normes internationales. De plus, l'âge moyen de la flotte aérienne africaine est de 20 ans contre 10 ans comme moyenne au niveau mondial, ce qui porte le taux d'accidents à 6 points de plus par rapport au reste du monde. En conséquence, le coût moyen du trafic aérien africain est le plus élevé en comparaison avec les autres continents.

S'agissant du transport ferroviaire, l'Afrique ne possède qu'environ 89 380 Km de lignes pour une superficie de 3019 millions Km2, soit une densité de 2,96 Km pour 1000Km2. D'autant plus que la majorité de cette infrastructure revient à la période coloniale. Il en découle l'état vétuste des chemins de fer en Afrique qui souffrent aussi d'une faible maintenance faute d'importants investissements dédiés à ce secteur. Pire encore, une dizaine de pays subsahariens ne disposent d'aucune ligne ferroviaire.

Cette situation ferroviaire entraine un coût de revient élevé, une multitude d'accidents et une faible productivité et par la suite les chemins de fer africains ne jouent plus leur rôle traditionnel de transporteur de masse.

Quant au transport routier, il demeure le mode le plus dominant dans le trafic urbain et inter–Etats de marchandises avec un pourcentage allant de 80 à plus de 90%. Il constitue également le seul moyen d'accès aux zones rurales souvent enclavées.

Dans l'ensemble, l'état des infrastructures routières africaines est dégradé et accuse un retard par rapport aux autres régions du monde. Vu l'insuffisance des ressources allouées à leur maintenance et vu la surcharge effectuée surtout par les véhicules de transport de marchandises.

De plus, une grande partie de la population africaine, notamment dans les zones rurales, n'est pas suffisamment connectée au réseau routier, alors que cette accessibilité routière joue un rôle primordial dans l'amélioration de la productivité agricole dans le continent.

Le coût du transport routier demeure donc fort élevé, ce qui entrave les flux commerciaux inter urbain et inter pays. Il constitue un facteur majeur de blocage du développement économique et social dans le continent.

Pour surmonter les difficultés rencontrées en matière des transports et de la logistique en Afrique, il s'avère nécessaire de s'attaquer à certaines problématiques qui y sont liées. C’est dans cette perspective que le programme CATL prévoit des thèmes ayant une forte corrélation avec ce sujet dans le but de parvenir à des solutions adéquates à ces problématiques et qui vont contribuer à faire du secteur des transports et de la logistique une véritable locomotive de développement économique et social de l'Afrique.

Ainsi, les thèmes qui seront présentés dans des panels feront l'objet des débats tels que "l'intégration et les écosystèmes", "les technologies", "capital immatériel et développement du leadership", "les partenariats pour une croissance partagée", "les réformes institutionnelles" et enfin le thème de "la connectivité".

Le développement des infrastructures des transports et de la logistique constitue donc une condition sine qua non à l'accélération du dynamisme africain entamé il y a à peu près une dizaine d'années. Le premier congrès africain des transports et de la logistique va, sans doute, inaugurer une nouvelle phase dans l'histoire de ces infrastructures en Afrique. La réussite de ce congrès permettra au continent africain de rattraper, en parti, le retard accusé dans le domaine en comparaison avec les autres régions du monde.

FAAPA-CATL-2015-20-nov-2015.pdfCongrès africain des transports et de la logistique : vers la promotion des relations de coopération Sud-Sud

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